Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 09:02
L’homme qui se promène au clair de lune
Entrouvre un œil inquiet sur le monde
Et avec cet œil d’exil
Comme un faux bijou
S’efforce de donner un sens à tout ce qui n’en a pas
Et de n’en pas donner à ce qui
Bigre
Pourrait en avoir

Autour de lui
C’est un immense tapis d’ordures
Les grands arbres qui dansent dans la nuit
Sont comme des torches vives trouant son cœur mis à nu

Le deuil à ce point ne peut pourtant lui déplaire,
Et la poussière du jour
Poussière d’espace qu'un peu de brise a soulevée,
Lui dit qu’avec encore un peu de patience
Il sera bientôt réduit, détruit mais érudit.

Pour finir il fait une cabriole,
Se dit
Qu’il en fera encore de plus jolies
Plus tard
En jeune lune
Quand une femme
Saura défaire tous les hasards
Et construire avec lui de vrais rendez-vous.
Par Jean-Luc Brière - Publié dans : Drôle d'oiseau (2003-2007) - Communauté : papierlibre
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 09:41
Vraiment ça commence mal,
Ca commence par un crime.
Seth le démon jaloux aux cheveux roux,
Le frère pervers,
L’époux de Nephtys la sœur d’Isis,
Attire Osiris à un banquet.
Entre la poire et le fromage, il l’étouffe dans un sarcophage,
Le découpe en morceaux avec une scie,
Qu’il disperse aux quatorze coins de l’Egypte.

La vie s’en va,
La vie c’est bête
La crue s’arrête et il fait nuit sur cette terre qui se désole.
En grand secret, Isis sa sœur-épouse la survole,
Fouille toute l’Egypte.
Patiente, reconstitue le corps de son frère-époux,
A l’exception d’un dernier morceau,
Son sexe.
Elle survole encore et encore le pays,
Traverse une fois de plus l’océan primordial,
Et reconnaît soudain la chose,
Pauvre chose
Qui flotte dans le delta du Nil.
Ô Philae à la forme d’oiselle
Isis qui réanime son époux défunt
A grands coups d’aile
Ne serait-elle pas une grande magicienne ?

Osiris ressuscite,
Ils s’aiment enfin tous les deux,
Et Isis,
Mère des étoiles,
Déesse aux mille noms,
Pleinement fécondée,
Donne vie à Horus, verbe créateur,
Futur roi d’Egypte.

Seth le démon a perdu
La crue du Nil jaillit de nouveau,
Quitte son lit,
Fertilise la terre comme la semence d’Osiris.
Une lutte sans merci s’engage entre l’oncle et le neveu.
Un œil tombe,
C’est celui d’Horus,
Un sexe tombe,
C’est celui de Seth.
Devant le tribunal de Rê,
Le démon est condamné,
Il devient nautonier sur la barque solaire,
Avec sa perche, le dieu rouge devra éloigner
Le serpent Apophis,
Dieu du chaos primordial,
Permettre au soleil de revenir chaque jour,
Eclairer l’univers.

En voulant s’emparer du souffle vital d’Osiris,
Seth a permis la naissance d’Horus,
Cause de sa propre rédemption.

Le mal inéluctable,
Est aussi nécessaire que le bien qui toujours lui succède.
Par Jean-Luc Brière - Publié dans : Drôle d'oiseau (2003-2007) - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 14:46
Béret chouette
Soleil en racine
Nuage en gésine

L’apocalypse en fleurs
Tombera
Sur la mère et le fils
En pleurs
A l’horizon des blés

La voici qui arrive
Cette apocalypse
Tant attendue de nos aïeux
La voici qui s’infiltre
Comme une grosse mouche à merde

Zlwirp !

Le monde est bu

Trois pauvres vaches
Atterrissent encore
Sur l’or pâle des bleuets.
Par Jean-Luc Brière - Publié dans : Algues rouges (1967) - Communauté : Poé-vie
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 10:34
Arrêter
Arrête un peu tes pas fille d’entre ces murs
Ce chemin tu verras n’a plus d’horizon
Tourner
Ici nous tournons en rond
Seuls infiniment seuls comme des chiens
Chacun en soi et sans raison

Aimer
J’ai besoin que tu m’aimes
Et j’ai une grande envie de t’aimer
Le silence en mon cœur il faut l’exorciser
Donner
Donne moi ta main

Briser sortir
Nous briserons nous sortirons
Bourlinguer respirer
Voici l’air pur la lumière neuve
Voici que les chemins enfantent des horizons
D’espoir et d’ivresse
De rails de mystère et de tendresse
Des horizons tout neufs
A peine entamés par le rêve

Cependant nous glissons sans cesse nous glissons
Lentement mais sûrement
Chacun en soi l’illusion en tous
Par Jean-Luc Brière - Publié dans : Un cœur halluciné (1963-1965) - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 12:16
La vieille a fait son temps
Et l’amour n’est plus de veille

L’amour n’est plus de veille
De veille est le sommeil
De veille est le néant

Cet infâme intrigant
Par Jean-Luc Brière - Publié dans : Les mots inutiles (1963) - Communauté : vos poèmes
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